Fafa, chou kanak, cresson mais aussi ambrevade, moringa, baselle ou pourpier… Les plantes comestibles sont une ressource locale jusque-là peu valorisée, qui revient au goût du jour.
LES TRÉSORS OUBLIÉS DES METS OCÉANIENS
Mais comment mettre ces recommandations en pratique, sur nos îles du Pacifique ?
« Nous devons revenir au bon sens, à une relation aux aliments qui soit plus simple et naturelle. Les produits industriels ultra-transformés qui sont entrés dans les habitudes de consommation océaniennes n’offrent aucune densité nutritionnelle et mènent ainsi à la situation paradoxale suivante : ils génèrent de l’obésité et de la dénutrition », alertent le docteur Pascal Chassin, micronutritionniste et Anne-Gaëlle Cabanas, spécialiste en alimentation santé.
Pourtant, l’océan, les pâturages et les champs de nos îles offrent une large variété de produits intéressants : poissons du large ou du lagon, fruits de mer, cochons et cerfs, bœufs, volailles, fruits et légumes tropicaux, vanille... « Les tubercules par exemple, qui sont très importants dans la culture océanienne, apportent des micronutriments intéressants, s’ils sont consommés accompagnés de leurs fanes, riches en fibres et pauvres en glucides », développent les deux spécialistes. « Idem, en dehors des problématiques connues de gratte et de pollution au mercure, les poissons comme tous les produits issus de la mer, présentent des apports indispensables. Quant aux fruits et légumes locaux, ils sont essentiels ! »
« C’est du bon sens, finalement », qu’il convient désormais de s’approprier au quotidien. C’est d’ailleurs avec cet objectif d’améliorer la santé des populations en développant de bonnes pratiques de production et de consommation, que la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna, ont entamé chacune un travail de réflexion autour d’un programme pays de transition vers une alimentation plus saine et durable.

Anne-Gaëlle Cabanas, ingénieure en agriculture spécialisée en alimentation santé, et Dr Pascal Chassin, pharmacien micronutritionniste, dispensent des formations agréées sur l’alimentation durable.
Pour Anne-Gaëlle Cabanas, spécialiste de l’alimentation et de la santé : « Il faut revenir au bon sens, manger local et de saison, privilégier le fait maison et les circuits courts. »
ZOOM SUR LES BIENFAITS DE 10 ALIMENTS DU QUOTIDIEN
- L’avocat apporte des fibres, des acides gras insaturés (l’acide oléique), il est fortement alcalinisant
- La baselle, plante reconnue en médecine traditionnelle, aurait des vertus diurétiques et laxatives.
- Le chou kanak contient du magnésium, du calcium et des vitamines en quantité.
- Le citron, très riche en vitamine C, aide notamment à lutter contre la fatigue.
- Le coco, riche en fibres et en lipides, stimule le transit et la satiété. Il est également source de fer et de phosphore.
- L’igname, source de glucide, est également riche en potassium et en fibres. Il aurait des vertus facilitant la ménopause. À consommer de manière modérée.
- La mangue est riche en vitamines et en fibres, elle est également diurétique, accélère le transit et se révèle bénéfique pour les yeux.
- L’ambrevade est une légumineuse dont les graines sont riches en fibres, protéines, vitamines B et minéraux.
- Le noni ou nono, dont on prête au jus de nombreuses vertus médicinales qui n’ont pas encore été vérifiées, est utilisé dans la culture traditionnelle pour renforcer les défenses naturelles du corps.
- Le uru ou fruit à pain est riche en fibres, vitamine C et antioxydants, il apporte de l’énergie et facilite le transit.
COMMENT BIEN MANGER POUR ÊTRE EN BONNE SANTÉ ? L'AVIS DES EXPERTS
« Pour aller à l’essentiel, il y a 3 principes fondamentaux à respecter :
- L’équilibre acide / base. Notre corps présente un pH neutre mais la pratique sportive ou la plupart des aliments comme les céréales, les laitages, les viandes et poissons, vont l’acidifier. Il faut contrebalancer avec les aliments alcalinisants, que sont les fruits et légumes.
- La charge glycémique, qui dépend à la fois du taux de glucose présent dans l’aliment et de la façon dont il va être assimilé par l’organisme (indice glycémique), doit être très modérée.
- L’équilibre graisseux. Longtemps diabolisé, le gras est pourtant nécessaire. Cependant, il faut varier les sources pour équilibrer la quantité d’oméga 3, 6 et 9. »
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